Loig Chesnais-Girard, président du Conseil régional de Bretagne, dénonce le vol du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne.

A l’instant à Brest, lors d’une réunion plénière du Conseil régional de Bretagne, le président  Loig Chesnais-Girard dénonce le vol du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne comme une atteinte à l’identité, à l’histoire de toute la Bretagne, Loire-Atlantique comprise, et lance un appel aux ravisseurs devant l’ensemble des élus régionaux.

Publicités

Peu d’espoir de retrouver intact le cœur reliquaire d’Anne de Bretagne

France Bleu Bretagne, 18 avril 2018

Selon nos informations, après le vol du cœur reliquaire d’Anne de Bretagne dans la nuit du 13 au 14 avril au musée Dobrée, la police judiciaire de Nantes a peu d’espoir de retrouver intact l’écrin en or. Il aurait été dérobé pour être fondu.

Le reliquaire d'Anne de Bretagne, en 2014

Selon les informations de France Bleu Loire Océan, la police judiciaire est « inquiète » sur le devenir du cœur reliquaire d’Anne de Bretagne, de la statuette hindoue dorée et des dizaines de pièces d’or dérobés dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril au musée Dobrée de Nantes.

En effet, au vu du mode opératoire, tout porte à croire que l’objectif des voleurs était de « fondre cet or pour en faire des lingots ». L’hypothèse d’un collectionneur qui aurait « commandé » ce vol aurait donc du plomb dans l’aile. Selon les premiers éléments de l’enquête confiée à l’antenne nantaise de la PJ et à l’office central de lutte contre le trafic de biens culturels, le cambriolage « porte très probablement la signature de personnes issues de la communauté des gens du voyage » : selon nos informations, les vitrines où se trouvaient ces objets ont été détruites « à coups de masse », ce qui est un procédé caractéristique.

Les quatre cambrioleurs se seraient laissés enfermer dans le musée vendredi soir

Plus précisément, d’après nos informations, les cambrioleurs étaient au nombre de quatre, comme le montre clairement une vidéo tournée par une caméra de surveillance installée au musée Dobrée, mais ces individus sont difficilement reconnaissables notamment parce qu’« ils portaient un casque » cette nuit-là.

L’alarme s’est déclenchée à 3h30 samedi matin, mais l’agent de sécurité arrivé sur place n’a alors pas constaté d’anomalie ou de trace visible de casse. Et ce n’est que vers 11h30 qu’un agent du Département a découvert le « désastre » : selon une source proche de l’enquête, les quatre cambrioleurs ne seraient pas entrés par effraction dans le musée, mais « se seraient laissés enfermer » vendredi soir au moment de la fermeture et auraient attendu le moment le plus propice et le plus calme pour agir.

Ce cambriolage a suscité une grande émotion à Nantes et en Bretagne, ainsi que l’indignation du président du conseil départemental, propriétaire du musée Dobrée. Aussitôt après, le comité Anne de Bretagne s’est proposé comme « médiateur confidentiel » entre les voleurs et le propriétaire du cœur reliquaire d’Anne de Bretagne, objet d’orfèvrerie d’une valeur inestimable, datant de la mort de la duchesse Anne en 1514 et conservé au musée Dobrée depuis 1886.

Mais à ce jour, le comité Anne de Bretagne, qui propose de le joindre via une adresse mail, explique n’avoir reçu « aucune information », aucun contact, permettant de retrouver l’écrin précieux dans l’état dans lequel il était conservé. Contactée par France Bleu Loire Océan, la police judiciaire de Nantes se refuse à tout commentaire sur cette enquête en cours.

Antoine Denéchère

 

Reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne : ils veulent faire les médiateurs avec le voleur

© Frédéric Girou / Ouest-France

© Frédéric Girou / Ouest-France

Note du Comité Anne de Bretagne. Vous trouverez ci-dessous les articles parus sur les sites de France 3 Bretagne et France 3 Pays de Loire. La comparaison est assez sidérante sur le ton et le contenu ….. Encore un effet de la partition du territoire breton.

France 3 Bretagne, 15 avril 2018

Le collectif « Anne de Bretagne 2014 » lance un appel aux voleurs du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne. Il se propose de jouer l’intermédiaire avec le voleur.

« Il y a une chance sur 100 pour que ça aboutisse, mais il faut la tenter. » Jacques-Yves Le Touze, coordonnateur du collectif « Anne de Bretagne 2014 » est déterminé et ne souhaite rien lâcher. Après le vol de ce « symbole exceptionnel du patrimoine breton et français« , dans la nuit de vendredi à samedi, il souhaite passer à l’action.

Pour cela, il propose de jouer l’intermédiaire avec le voleur. « Le contact peut se faire par l’adresse e-mail annedebretagne2014@free.fr« , affirme-t-il. Cela lui permettra de rentrer en contact de manière confidentielle avec les auteurs du vol. « Nous voulons lancer un dialogue pour qu’il y ait une porte de sortie acceptable pour tout le monde. »

« Notre priorité est de les dissuader à fondre le reliquaire« , martèle-t-il. S’il y a une demande d’argent, « nous la transmettrons au département de Loire-Atlantique« , affirme M. Le Touze.

Le collectif, créé en 2012 en vue du 500e anniversaire d’Anne de Bretagne, regroupe une cinquantaine d’associations. Il a notamment œuvré pour la promotion de ce reliquaire lorsqu’il a été présenté au musée de Bretagne à Rennes.

Baptiste Galmiche

© PHOTOPQR/OUEST FRANCE

© PHOTOPQR/OUEST FRANCE

France 3 Pays de Loire, 15 avril 2018

Cœur d’Anne de Bretagne dérobé : une association propose une négociation confidentielle aux voleurs

Ils ont à cœur le personnage de la Reine de France mais elle n’en a plus… Dans un communiqué, un collectif propose d’entrer en contact avec les malfaiteurs, par mail, pour organiser une restitution confidentielle du reliquaire dérobé.

Dérobée dans la nuit de vendredi à samedi avec deux autres pièces du Musée Dobrée, cette pièce d’orfèvrerie est un trésor nantais qui risquerait d’être fondu. Impossible de passer inaperçue sur les réseaux de reventes… La seule option pour les voleurs, selon le conseil départemental, serait de récupérer son or.

Cette association, unie en 2014 pour les 500 ans de la mort de la Reine de France, tente d’établir un dialogue et de mettre en confiance les cambrioleurs, pour le moment encore inconnus. Pour cela, une adresse mail : annedebretagne2014@free.fr et la promesse de l’anonymat.

Collectif regroupant plusieurs associations bretonnantes, il répertorie sur son site tous les articles de presse mentionnant la Duchesse de Bretagne. le Comité Anne de Bretagne promeut aussi l’unification des « cinq départements bretons », dont la Loire-Atlantique ferait partie. La duchesse est en effet le symbole contre « la partition de ce territoire », un argument qu’ils utilisent d’ailleurs dans leur communiqué.

Reliquaire d’Anne de Bretagne. Une médiation pour la restitution

Le reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne.

Le reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne. | Archives Ouest-France

Ouest-France Nantes, 15 avril 2018

Profondément choqué par le vol du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne, le comité Anne de Bretagne se propose comme médiateur confidentiel entre le propriétaire et les voleurs. Objectif : récupérer l’œuvre d’art, s’il es0t encore temps.

Si d’aventure les voleurs du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne sont plutôt des ravisseurs, prêts à négocier la restitution du butin, l’idée du comité Anne de Bretagne pourrait tomber juste. Ce collectif d’associations (qui a assuré l’organisation d’une centaine événements au cours de l’année 2014 pour les 500 ans de la disparition de la dernière duchesse de Bretagne) a été catastrophé, samedi 14 avril, en apprenant la nouvelle de la disparition de ce symbole patrimonial.

Il vient donc de mettre à disposition son adresse mail, annedebretagne2014@free.fr, à destination des voleurs.  « Encore faut-il que ces gens veuillent monnayer ce qu’ils ont volé,  soupire le coordonnateur, Jacques-Yves Le Touze. Mais nous avons pensé qu’il fallait ouvrir cette possibilité, tout tenter. On veut bien jouer les intermédiaires entre eux et le propriétaire pour éviter que ça finisse mal. » Et que l’écrin d’or, qui date de 1514, ne termine en vulgaire lingot.

Ce  « véritable trésor national va sans doute disparaître à tout jamais » , s’alarme le comité.  « À moins qu’un appel public en direction des voleurs ne soit lancé, pour qu’ils le rendent » . Aussitôt dit, aussitôt fait.

Agnès Clermont

Vol du reliquaire, le Comité Anne de Bretagne se propose comme médiateur pour organiser la restitution.

L’annonce du vol du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne au Musée Dobrée de Nantes a été un choc pour les membres du Comité Anne de Bretagne (1).

Véritable trésor national pour l’ensemble des Bretons, cet écrin va sans doute disparaitre à tout jamais à moins qu’un appel public ne soit fait en direction des voleurs pour qu’ils le rendent . C’est un magnifique objet symbolisant une part importante de notre histoire qui est maintenant en grand danger de destruction. Nous appelons les différentes institutions bretonnes à réagir en commun pour éviter cette catastrophe.

Par ailleurs, afin d’offrir une possibilité de restitution, le Comité Anne de Bretagne se propose comme médiateur confidentiel entre les deux parties. Le contact peut se faire par l’adresse e-mail suivante: annedebretagne2014@free.fr .

Ce vol souligne aussi et très malheureusement la triste situation du Musée Dobrée, propriété du département de Loire-Atlantique, fermé depuis 2011, depuis 6 ans donc, et dont les travaux de rénovation ne commenceront qu’en 2019 pour une ré-ouverture programmée en 2021….

Cet évènement met aussi en lumière l’absence de présentation publique cohérente et logique de l’histoire de la Bretagne à Nantes.

Par ailleurs, le Comité Anne de Bretagne ne peut que déplorer la manière de communiquer sur ce vol du président du département de Loire-Atlantique et du maire de Nantes qui gomment tout rapport avec la Bretagne et son histoire, un nouvel effet pervers de la  partition du territoire breton.

 

(1) Le Comité Anne de Bretagne est un collectif d’associations qui a assuré l’organisation et la promotion d’une centaine d’évènements sur les 5 départements bretons durant l’année 2014 pour marquer les 500 ans de la disparition de la dernière duchesse souveraine de Bretagne.

Voir: http://annedebretagne2014.info

1505: un cantique en breton dédié à Anne de Bretagne

Yves Mahyeuc (vitrail de la basilique de La Guerche-de-Bretagne)

Ouest-France, 19 novembre 2017

par Bernez Rouz

En 1505, le plus vieux cantique breton connu est dédié à Anne de Bretagne.

Les souverains bretons avaient coutume de venir prier au pardon du Folgoët (Léon), l’un des plus célèbres du duché. Anne de Bretagne ne dérogé pas à la tradition. A 28 ans, elle règne sur la Bretagne mais elle est aussi reine de France. Le 19 août 1505, elle est accueillie dans la basilique par le Veni Creator réservé aux grands dignitaires. Mais, surprise, l’hymne séculaire composé en latin au IXe siècle est chanté  en deux langues: Veni Creator Spiritus, Mentes tuorum visita , Deuit Spered krouer ken glan, E eneoù gwan ho pugale.(Venez Esprit créateur, si pur dans les âmes fragiles de vos enfants…).

« Gardienne de notre terre »

L’auteur n’est autre que son confesseur, Yves Mahyeuc, né à Kervoyec en Plouvorn, près du Folgoët.. Il signe d’ailleurs son oeuvre : »Veni Creator an Itron Anna, kempennet gant Yvo Caervoyec en enor d’an Itron Anna, hon dugez-rouanez o pardoniñ er Folgoet » (Le Veni Creator de Dame Anne, arrangé par Yves de Kervoyec, en l’honneur de Mme Anne, notre duchesse-reine en pèlerinage au Folgoët).

Il s’agit du premier cantique breton connu, tout à l’honneur de la souveraine: « Pedomp evit Anna, rouanez ha dugez vat ar Vretoned. Ni ho salud mirer hon glenn. Anna birviken melezour hon neñvoù. Skuilhit ho klizhenn e grasou puilh war bro Breizh » (Prions pour la reine Anne, bonne duchesse des Bretons. Nous vous saluons gardienne de notre terre, Anna à jamais miroir des cieux ! Versez votre rosée en grâces abondantes sur le pays de Bretagne).

Yves Mahyeuc deviendra évèque de Rennes en 1507. Il serait à l’origine du poème officiel écrit en lettres d’or sur la grande scène de la cérémonie où trônait le portrait de Brutus, chef mythique troyen devenu premier roi des Bretons.

On croyait à l’époque que les Bretons descendaient de ce peuple de la Grèce antique. Brutus s’exprime donc en breton: « Me ha ma gwreg monet c’hwek a grepach. Da goñkeriñ ar Breizh-mañ hep mar ebet. E giz nep zo ac’hanon diskennet, pere a gomz eus Troye gwir langaj, hag a vezo betek ar fin en usaj« . ( Moi et ma femme, de partir en douce du pays grec, afin de conquérir sans coup férir cette Bretagne. Mes descendants parlent la vraie langue de Troie, laquelle restera en usage jusuqu’à la fin des temps).

Belle prédiction pour l’aven,ir de la langue bretonne dont l’origine prestigieuse viendrait donc de la plus haute antiquité.

 

Intérieur de la basilique du Folgoët.

 

La Cordelière. L’espoir renaît

Le naufrage de la Cordelière et du Régent, deux bateaux emblématiques du début du XVIe siècle, a dû se dérouler entre la pointe Saint-Mathieu (ci-dessus) et l’anse de Bertheaume, à Plougonvelin.

Le Télégramme, 14 novembre 2017

La Cordelière, le bateau d’Anne de Bretagne, alors reine de France, a coulé en 1512 lors d’une bataille navale, emportant avec elle le Régent, vaisseau amiral de la flotte britannique. Les recherches, avec de nouveaux moyens, ont repris pour retrouver ces précieuses épaves à la pointe du Finistère.

Ce 10 août 1512 une réception se déroule sur La Cordelière, la caraque commandée par Hervé de Portzmoguer, dont le nom a ensuite été francisé en Primauguet pour baptiser des navires de guerre de la Royale. Portzmoguer et Primauguet ne sont bien qu’un seul homme !

À cette époque, les Anglais viennent souvent attaquer la pointe bretonne, et ce jour-là une flotte de bateaux anglais et flamands est annoncée devant l’abbaye de Saint-Mathieu, à Plougonvelin. Les amarres sont coupées à la hâte. La Cordelière et La Louise vont au-devant de la flotte anglaise pour protéger le reste des vaisseaux bretons et français qui rentrent par le goulet vers Brest.

Durant la bataille navale, La Cordelière se retrouve en mauvaise posture et Portzmoguer décide d’aller à l’abordage du Régent, le vaisseau amiral anglais. Le feu prend dans la sainte-barbe du bateau breton, la réserve de poudre explose et les deux navires sont envoyés par le fond avec leurs quelque 400 canons et près de 2.000 marins embarqués sur ces grands vaisseaux d’une quarantaine de mètres chacun.

« On va tout reprendre »


« Depuis plusieurs années des recherches ont été menées pour tenter de retrouver l’épave de La Cordelière, notamment par Max Guérout dans les années 1990, à l’aide d’un magnétomètre. Mais il y a beaucoup de matériaux, notamment des câbles sous-marins, sur la zone de recherche qui ont parasité les résultats. Aujourd’hui nous avons des techniques qui doivent nous permettre de retrouver enfin ces épaves. On va tout reprendre méthodiquement », dit Michel L’Hour, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) qui estime la zone de recherche entre la pointe Saint-Mathieu et l’anse de Bertheaume, sur la commune de Plougonvelin.

« Un navire qui fait rêver »


Dans un premier temps, ce sont les archives françaises, mais aussi anglaises, qui sont fouillées par les chercheurs de l’Université de Bretagne sud. « Retrouver le témoignage d’un marin anglais pourrait permettre de préciser le lieu du naufrage », estime le directeur du Drassm.

Ensuite, il s’agit d’étudier la géomorphologie des fonds de ce secteur avec Ifremer et l’aide des moyens techniques de l’École nationale supérieure de techniques avancées (Ensta) de Brest ou du laboratoire d’Informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (IRMM).

« Ce projet me tient beaucoup à coeur parce que je vais bientôt quitter la direction du Drassm. C’est un bâtiment qui fait rêver beaucoup de monde depuis longtemps. J’ai rencontré un vrai engouement autour de ce projet. L’été prochain une campagne de recherches sera réalisée avec le bateau du Drassm, l’André-Malraux », précise Michel L’Hour.

L’épave peut être enfouie sous des sédiments mais les dizaines de canons, couleuvrines et armes très variées de l’époque, devraient tout de même être détectables.

Les plongeurs sollicités


« Il est possible que le site ait déjà été découvert fortuitement par des plongeurs qui ont remonté des objets sans avoir conscience de ce qu’ils venaient de ramener. On recherche des témoignages. Sous l’eau on peut imaginer retrouver une partie de la coque, même si elle a brûlé en partie ou a explosé. Et puis il y a tous les effets personnels des marins. Et il y avait aussi des femmes venues pour la réception et qui n’avaient pas dû pouvoir être débarquées. Ce sont des milliers d’objets qui vont nous révéler beaucoup de choses sur l’époque ».

Le Drassm étant désormais capable d’aller retrouver des épaves à plus de mille mètres, grâce aux outils qu’il a développés, on se dit que La Cordelière ne devrait plus longtemps lui échapper.