Anne de Bretagne. Brodée par Le Minor

Gildas Le Minor, entouré de Rodolphe Jarry (parquet général), et Philippe Jeannin (premier président de la cour d'appel), devant la tapisserie des Gobelins de la grande chambre.

Gildas Le Minor, entouré de Rodolphe Jarry (parquet général), et Philippe Jeannin (premier président de la cour d’appel), devant la tapisserie des Gobelins de la grande chambre.

Le Télégramme, 20 décembre 2014

Anne de Bretagne sera bientôt de retour à Rennes, la capitale de son ancien duché. Gildas Le Minor, dirigeant de la célèbre maison Le Minor, spécialisée dans la broderie, a décidé de lui rendre hommage, à l’occasion du 500e anniversaire de sa mort, en impulsant la création d’une gigantesque tapisserie brodée. Elle sera exposée au Parlement. Pour le 500e anniversaire de la mort d’Anne de Bretagne, le Bigouden Gildas Le Minor dirigeant de la maison Le Minor, spécialisée dans la broderie, a voulu honorer sa mémoire par une création monumentale : une tapisserie brodée à la main, qui sera installée dans l’emblématique espace public du Parlement de Bretagne. L’idée, née d’un rêve, a tant séduit qu’elle est devenue un vrai projet, prêt à se concrétiser. Tout est parti d’une bannière, commandée à l’atelier de Pont-l’Abbé (29) par le comité Anne de Bretagne, raconte Gildas Le Minor. Mais la mémoire de la souveraine n’est guère présente à Rennes, aujourd’hui capitale de son ancien duché. Une anomalie, a estimé le dirigeant de la broderie Le Minor, en se promettant d’y remédier. Et de belle manière ! Par une oeuvre qui ferait la fierté de sa grand-mère, Marie-Anne Le Minor, l’amie des artistes de son temps (René-Yves Creston, Mathurin Meheut, Colette, Jean Lurçat…) et fondatrice, voici 78 ans, de l’atelier du même nom, qui devait donner à la broderie d’art ses lettres de noblesse. Et par l’assurance de son rayonnement, grâce à sa présence sur un site prestigieux propre à honorer la reine. Le Parlement, ce puissant monument symbole des États de Bretagne, dont il est le dernier avatar de la Cour souveraine, s’imposait comme le lieu idéal.

Bonnes surprises

Il ne restait plus qu’à convaincre les interlocuteurs, sans lesquels rien n’est possible. Ce n’était pas gagné, craignait le Bigouden avant de voler de bonne surprise en étonnement émerveillé. Les deux chefs de la cour d’appel, évidemment, ont été saisis. Bonne pioche : Véronique Malbec, procureure générale, et Philippe Jeannin, premier président, adhèrent à l’idée avec enthousiasme. Henry Masson, le directeur régional des Monuments historiques, lui aussi, est immédiatement séduit. L’office de tourisme de Rennes, chargé de l’accueil des 25.000 visiteurs annuels du bâtiment, applaudit des deux mains, comme Jean-Michel Le Boulanger, vice-président de la région chargé de la culture et l’association d’entreprises « Produit en Bretagne ».

Une esquisse soumise début 2015 à un comité artistique

Et tout ce monde-là s’est engagé avant même de savoir à quoi pourrait ressembler l’oeuvre qu’il fallait soutenir. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il s’agira d’une création contemporaine représentant Anne de Bretagne, et que deux artistes ont été sollicités pour formuler, chacun, une proposition. Ils ont déambulé dans le Parlement pour s’inspirer du lieu et apprécier les espaces, de manière à y adapter leur esquisse et ses dimensions. Ces esquisses seront soumises début 2015 à un comité artistique associant des conservateurs, des universitaires, une fondation culturelle, et les partenaires parmi lesquels les plus hauts magistrats de Bretagne joueront, une fois n’est pas coutume, le rôle de jurés. La réalisation qui suivra est estimée à un minimum de 1.500 heures de travail pour le brodeur qui en sera chargé. On peut espérer que la tapisserie pourra prendre sa place au Parlement avant deux ans. La reine Anne y disputera alors la vedette au connétable Bertrand Duguesclin, dont la mort est illustrée par une gigantesque tapisserie tissée en 1904 par les ateliers des Gobelins. « C’est un superbe travail de basse-lice, de chaîne et de trame, mais il ne peut pas donner l’impression de relief que seuls peuvent créer les points variés de la broderie », commente Gildas Le Minor. Pour lui, le temps est révolu où l’académisme voulait que la tapisserie soit un art majeur quand la broderie n’était qu’un ouvrage de dames.

Note du Comité: bien entendu, Rennes n’était pas la capitale du Duché de Bretagne qui était Nantes. Rennes en revanche est la ville du couronnement des souverains bretons.

 

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