Archives pour la catégorie Histoire

Rennes, 26 janvier, l’histoire de la cadière d’Anne de Bretagne

Rennes Point de vue de numismate, 26 janvier 2019 17:00-19:00, Les Champs Libres .

En 1498-1499, veuve du roi français Charles VIII et pas encore mariée à son successeur Louis XII, Anne de Bretagne décide de frapper une nouvelle monnaie afin de rappeler la souveraineté du duché de Bretagne et son autorité.

Cette monnaie exceptionnelle, appelée cadière, constitue un acte politique fort sur lequel revient Gildas Salaün, chargé des collections numismatiques au département de Loire-Atlantique.

Rencontre accessible pour les visiteurs munis d’un billet Musée de Bretagne.

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Vol du cœur d’Anne de Bretagne à Nantes : quatre jeunes hommes écroués

Ouest-France, 17 janvier 2019

Deux suspects avaient été interpellés en avril 2018. L’un d’eux a demandé, pour la seconde fois, sa mise en liberté devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes, ce jeudi 17 janvier. Refusée. Un troisième et un quatrième homme, mis en examen dans cette affaire, dorment également en prison, depuis décembre.

« Rocambolesque » , « tonitruante » , « abracadabrantesque » . L’affaire du vol du reliquaire d’Anne-de-Bretagne apporte encore et toujours son lot de qualificatifs et de surprises. L’écrin du cœur de la duchesse de Bretagne a été dérobé dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, au musée Dobrée à Nantes, avant d’être retrouvé par les équipes de la police judiciaire, le 21 avril 2018. Une statuette de Bouddha et des pièces d’or avaient également été volées.

Quatre hommes casqués avaient pénétré dans le musée, avec l’idée qu’ils feraient fondre l’or du reliquaire, pièce d’orfèvrerie datée de 1514.

Deux suspects, âgés d’une vingtaine d’années, avaient été rapidement mis en examen pour vol d’un bien culturel et participation à association de malfaiteurs, et placés en détention provisoire.

L’un d’eux avait conduit les enquêteurs à l’endroit où les objets volés avaient pu être exhumés. Il avait été remis en liberté le 14 mai 2018, sous bracelet électronique…. Avant de retourner en prison, le 4 juillet, pour avoir violé les conditions de son assignation à résidence (Arse).

L’autre avait fait une première demande de remise en liberté, en juillet, devant la chambre de l’instruction, à Rennes. Il avait invoqué son mariage, prévu à Nantes en septembre. La cour d’appel de Rennes ne s’était pas laissée guider par ce plaidoyer sentimental.

« Des investigations à charge », selon l’avocate

Le jeune homme détenu depuis dix mois, a fait appel de la prolongation de sa détention provisoire, ce jeudi 17 janvier. Il conteste toujours toute participation au vol du reliquaire en or, admettant toutefois avoir touché les objets dérobés, qui lui ont été montrés par « un gars du quartier » dont il tait le nom. Le jour où la voiture utilisée pour commettre l’infraction a brûlé, dans le secteur de Pontchâteau, les investigations y ont localisé son téléphone. Possible, il était chez son frère ce soir-là, répond le mis en cause.

Pour son avocate Claire Abello, du barreau de Paris, cette affaire se présente désormais comme « un simple dossier de vol de droit commun » , les objets ayant été restitués. « L’instruction a été très rapide. Beaucoup d’investigations ont été faites, mais à charge » , regrette-t-elle.

Le mariage du suspect a été annulé. L’homme veut toujours retrouver sa petite amie. Et il pourrait bénéficier d’une embauche dans un garage. Né en Algérie, il vit en France depuis ses huit ans et ne compte pas regagner le Maghreb, avance encore l’avocate.

Interpellés à Paris et Saint-Nazaire

Le ministère public évacue l’ensemble de ces garanties avancées par la défense, avec une question : « Quel est le poids d’un contrôle judiciaire quand on a été condamné plusieurs fois pour des faits de vol ? » Sept fois exactement, sur les quatorze mentions que compte le casier judiciaire. La chambre de l’instruction décide de suivre les réquisitions de l’avocat général. Le jeune homme reste en prison.

En décembre, un troisième puis un quatrième suspect ont été à leur tour interpellés. L’un à Paris, l’autre à Saint-Nazaire. L’un a été identifié comme ayant fait du repérage, au musée. L’ADN de l’autre a été retrouvé sur l’emballage des objets. Ils sont eux aussi écroués.

Le reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne retrouvé ! soulagement et questionnements

Le Comité Anne de Bretagne félicite les services de police pour avoir retrouvé aussi rapidement le reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne et exprime un véritable soulagement devant le dénouement de cette affaire qui mettait sérieusement en péril l’un des symboles les plus importants de la Bretagne .
Il va être désormais temps de réfléchir au problème qu’a posé ce vol et plus globalement, à la place du patrimoine et de l’histoire de la Bretagne à Nantes.
En ce sens, le Comité Anne de Bretagne va prochainement rencontrer le président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, M Philippe Grosvalet,  pour évoquer ces différentes questions.

Nantes. Deux hommes mis en examen, pas de trace du reliquaire

photo l’écrin du cœur d’anne de bretagne a été volé dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 avril, au sein du musée dobrée, à nantes.  © ouest-france

Ouest-France, 21 avril 2018

Une semaine après le vol du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne, au musée Dobrée, à Nantes, deux hommes sont présentés ce samedi matin à un juge d’instruction en vue de leur mise en examen pour association de malfaiteurs et vol d’un bien culturel exposé dans un musée. Les deux suspects contestent toute implication dans la disparition dans cette œuvre patrimoniale maîtresse, toujours introuvable.

Deux hommes interpellés et placés en garde à vue après le vol du reliquaire du cœur d’Anne-de-Bretagne, dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril, au musée Dobrée, sont ce samedi matin 21 avril présentés à un magistrat du parquet de Nantes. Le procureur de la République a demandé leur mise en examen pour association de malfaiteurs et vol d’un bien culturel exposé dans un musée, aggravé par la dissimulation du visage. Leur placement en détention provisoire a également été demandé. Un troisième jeune homme, mineur, avait été également interpellé. Il a été remis en liberté ce samedi matin, et serait hors de cause.

Patrimoine culturel national

Pour l’heure, ces deux suspects, originaires de l’Ouest du département, âgés de 22 et 23 ans, nient toute implication dans le vol. Pendant le temps des gardes à vue, des perquisitions ont été menées par les équipes de la police judiciaire nantaise. Elles n’ont rien donné. Le reliquaire,  « un objet appartenant au patrimoine culturel national » , reste introuvable.  « Le récupérer reste l’objectif majeur des enquêteurs qui mènent de lourdes investigations depuis une semaine ».

Au cours de cette nuit du 13 au 14 avril, l’alarme s’est déclenchée vers 3 h 30. « Les voleurs ont essayé de rentrer par la façade mais n’ont pas réussi. Ils sont entrés par l’arrière du bâtiment en fracturant une issue. »  Un gardien de nuit était présent mais « n’a pas constaté de traces du vol ». Ce n’est que le samedi matin que le personnel découvre que des vitrines ont été brisées et que des objets ont disparu : le reliquaire, mais aussi une statuette hindoue et une cinquantaine de pièces d’or.  « Nous sommes face à un comportement de délinquants locaux et de droit commun plutôt qu’à une organisation structurée »  précise le procureur.

1505: un cantique en breton dédié à Anne de Bretagne

Yves Mahyeuc (vitrail de la basilique de La Guerche-de-Bretagne)

Ouest-France, 19 novembre 2017

par Bernez Rouz

En 1505, le plus vieux cantique breton connu est dédié à Anne de Bretagne.

Les souverains bretons avaient coutume de venir prier au pardon du Folgoët (Léon), l’un des plus célèbres du duché. Anne de Bretagne ne dérogé pas à la tradition. A 28 ans, elle règne sur la Bretagne mais elle est aussi reine de France. Le 19 août 1505, elle est accueillie dans la basilique par le Veni Creator réservé aux grands dignitaires. Mais, surprise, l’hymne séculaire composé en latin au IXe siècle est chanté  en deux langues: Veni Creator Spiritus, Mentes tuorum visita , Deuit Spered krouer ken glan, E eneoù gwan ho pugale.(Venez Esprit créateur, si pur dans les âmes fragiles de vos enfants…).

« Gardienne de notre terre »

L’auteur n’est autre que son confesseur, Yves Mahyeuc, né à Kervoyec en Plouvorn, près du Folgoët.. Il signe d’ailleurs son oeuvre : »Veni Creator an Itron Anna, kempennet gant Yvo Caervoyec en enor d’an Itron Anna, hon dugez-rouanez o pardoniñ er Folgoet » (Le Veni Creator de Dame Anne, arrangé par Yves de Kervoyec, en l’honneur de Mme Anne, notre duchesse-reine en pèlerinage au Folgoët).

Il s’agit du premier cantique breton connu, tout à l’honneur de la souveraine: « Pedomp evit Anna, rouanez ha dugez vat ar Vretoned. Ni ho salud mirer hon glenn. Anna birviken melezour hon neñvoù. Skuilhit ho klizhenn e grasou puilh war bro Breizh » (Prions pour la reine Anne, bonne duchesse des Bretons. Nous vous saluons gardienne de notre terre, Anna à jamais miroir des cieux ! Versez votre rosée en grâces abondantes sur le pays de Bretagne).

Yves Mahyeuc deviendra évèque de Rennes en 1507. Il serait à l’origine du poème officiel écrit en lettres d’or sur la grande scène de la cérémonie où trônait le portrait de Brutus, chef mythique troyen devenu premier roi des Bretons.

On croyait à l’époque que les Bretons descendaient de ce peuple de la Grèce antique. Brutus s’exprime donc en breton: « Me ha ma gwreg monet c’hwek a grepach. Da goñkeriñ ar Breizh-mañ hep mar ebet. E giz nep zo ac’hanon diskennet, pere a gomz eus Troye gwir langaj, hag a vezo betek ar fin en usaj« . ( Moi et ma femme, de partir en douce du pays grec, afin de conquérir sans coup férir cette Bretagne. Mes descendants parlent la vraie langue de Troie, laquelle restera en usage jusuqu’à la fin des temps).

Belle prédiction pour l’aven,ir de la langue bretonne dont l’origine prestigieuse viendrait donc de la plus haute antiquité.

 

Intérieur de la basilique du Folgoët.

 

La Cordelière. L’espoir renaît

Le naufrage de la Cordelière et du Régent, deux bateaux emblématiques du début du XVIe siècle, a dû se dérouler entre la pointe Saint-Mathieu (ci-dessus) et l’anse de Bertheaume, à Plougonvelin.

Le Télégramme, 14 novembre 2017

La Cordelière, le bateau d’Anne de Bretagne, alors reine de France, a coulé en 1512 lors d’une bataille navale, emportant avec elle le Régent, vaisseau amiral de la flotte britannique. Les recherches, avec de nouveaux moyens, ont repris pour retrouver ces précieuses épaves à la pointe du Finistère.

Ce 10 août 1512 une réception se déroule sur La Cordelière, la caraque commandée par Hervé de Portzmoguer, dont le nom a ensuite été francisé en Primauguet pour baptiser des navires de guerre de la Royale. Portzmoguer et Primauguet ne sont bien qu’un seul homme !

À cette époque, les Anglais viennent souvent attaquer la pointe bretonne, et ce jour-là une flotte de bateaux anglais et flamands est annoncée devant l’abbaye de Saint-Mathieu, à Plougonvelin. Les amarres sont coupées à la hâte. La Cordelière et La Louise vont au-devant de la flotte anglaise pour protéger le reste des vaisseaux bretons et français qui rentrent par le goulet vers Brest.

Durant la bataille navale, La Cordelière se retrouve en mauvaise posture et Portzmoguer décide d’aller à l’abordage du Régent, le vaisseau amiral anglais. Le feu prend dans la sainte-barbe du bateau breton, la réserve de poudre explose et les deux navires sont envoyés par le fond avec leurs quelque 400 canons et près de 2.000 marins embarqués sur ces grands vaisseaux d’une quarantaine de mètres chacun.

« On va tout reprendre »


« Depuis plusieurs années des recherches ont été menées pour tenter de retrouver l’épave de La Cordelière, notamment par Max Guérout dans les années 1990, à l’aide d’un magnétomètre. Mais il y a beaucoup de matériaux, notamment des câbles sous-marins, sur la zone de recherche qui ont parasité les résultats. Aujourd’hui nous avons des techniques qui doivent nous permettre de retrouver enfin ces épaves. On va tout reprendre méthodiquement », dit Michel L’Hour, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) qui estime la zone de recherche entre la pointe Saint-Mathieu et l’anse de Bertheaume, sur la commune de Plougonvelin.

« Un navire qui fait rêver »


Dans un premier temps, ce sont les archives françaises, mais aussi anglaises, qui sont fouillées par les chercheurs de l’Université de Bretagne sud. « Retrouver le témoignage d’un marin anglais pourrait permettre de préciser le lieu du naufrage », estime le directeur du Drassm.

Ensuite, il s’agit d’étudier la géomorphologie des fonds de ce secteur avec Ifremer et l’aide des moyens techniques de l’École nationale supérieure de techniques avancées (Ensta) de Brest ou du laboratoire d’Informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (IRMM).

« Ce projet me tient beaucoup à coeur parce que je vais bientôt quitter la direction du Drassm. C’est un bâtiment qui fait rêver beaucoup de monde depuis longtemps. J’ai rencontré un vrai engouement autour de ce projet. L’été prochain une campagne de recherches sera réalisée avec le bateau du Drassm, l’André-Malraux », précise Michel L’Hour.

L’épave peut être enfouie sous des sédiments mais les dizaines de canons, couleuvrines et armes très variées de l’époque, devraient tout de même être détectables.

Les plongeurs sollicités


« Il est possible que le site ait déjà été découvert fortuitement par des plongeurs qui ont remonté des objets sans avoir conscience de ce qu’ils venaient de ramener. On recherche des témoignages. Sous l’eau on peut imaginer retrouver une partie de la coque, même si elle a brûlé en partie ou a explosé. Et puis il y a tous les effets personnels des marins. Et il y avait aussi des femmes venues pour la réception et qui n’avaient pas dû pouvoir être débarquées. Ce sont des milliers d’objets qui vont nous révéler beaucoup de choses sur l’époque ».

Le Drassm étant désormais capable d’aller retrouver des épaves à plus de mille mètres, grâce aux outils qu’il a développés, on se dit que La Cordelière ne devrait plus longtemps lui échapper.

 

 

Rennes. Le carton du mariage d’Anne de Bretagne dévoilé

Guillaume Kazerouni, responsable des collections anciennes au musée des Beaux-Arts de Rennes, devant la fresque monumentale, carton du « Mariage d’Anne de Bretagne ». | Ouest-France.

Ouest-France, 14 novembre 2017

La tapisserie a disparu dans l’incendie du Parlement de Bretagne. Mais la fresque qui avait servi à la créer a pu être restaurée par le musée des Beaux-Arts de Rennes. Elle a été inaugurée lundi soir dans la Grand’ chambre du Parlement.

« C’est un moment historique comme ce bâtiment en a connu de très beaux, un moment empreint d’une très forte émotion dans ce lieu symbole de l’union de la Bretagne et de la France », salue Xavier Ronsin, premier président de la Cour d’appel de Rennes, au moment de dévoiler, lundi soir, le carton du Mariage d’Anne de Bretagne et de Charles VIII.

Le modèle des tissiers

Un carton, c’est en quelque sorte le patron d’une tapisserie, « la fresque réalisée au préalable et qui sert de modèle aux tissiers », explique Anne Dary, directrice du musée des Beaux-Arts de Rennes.Onze tapisseries historiques avaient ainsi été commandées en 1899 et installées 26 ans plus tard dans les vastes salles du Parlement de Bretagne et en particulier dans la Grand’ chambre.

Carton monumental

On doit ce carton monumental (30 m2) au peintre décorateur, Edouard Toudouze, qui l’a peint entre 1901 et 1907. La tapisserie tissée à partir de ce modèle a disparu dans l’incendie du Parlement de Bretagne, le 4 février 1994. « Des tapisseries avaient pu être sauvées et confiées à un atelier de restauration, explique Anne Dary. Mais, second traumatisme, elles ont péri trois ans plus tard dans un second incendie qui avait ravagé cette fois l’atelier. »

Une restauration de 150 000 €

De ces œuvres inestimables, n’ont été conservés que les fameux cartons qui dormaient, enroulés et quasiment oubliés dans les réserves du musée des Beaux-Arts de Rennes. Il a été décidé de les restaurer, pour 150 000 €.

Des mécènes

L’État mais aussi des mécènes à hauteur de 20 % du budget (entreprises, particuliers, ordre des avocats) ont mis la main à la poche pour financer ce patient travail de remise en état, dont l’une des pièces majeures a été dévoilée hier. « Il faut saluer le travail d’orfèvre des restaurateurs et des agents techniques qui se sont attelés à cette tâche, centimètre par centimètre », souligne Xavier Ronsin. D’autres cartons seront installés dans les mois à venir au Parlement de Bretagne, visité par plus de 5 000 personnes lors des dernières Journées du patrimoine.

Note du Comité: il est à souligner que le thème de ces tapisseries est dans la lignée d’une vision française de l’histoire de Bretagne.