Archives pour la catégorie Histoire

Une nouvelle biographie d’Anne de Bretagne aux Éditions Gisserot.

Anne de Bretagne, née en 1477 et morte en 1514, est la souveraine certainement la plus célèbre de Bretagne, et sans doute une des plus connues de l’Histoire. Duchesse de Bretagne à titre personnel à l’âge 11 ans et demi, mariée une première fois à moins de 14 ans à Maximilien d’Autriche, roi des Romains, une seconde fois au roi de France, Charles VIII, dix mois plus tard, et une troisième fois à 22 ans au successeur de Charles VIII, Louis XII. Sa vie aurait pu être celle d’une reine vivant dans le luxe, entourée de centaines de serviteurs, remplissant son seul devoir : celui de donner un fils et donc un héritier à son mari et à la Couronne de France. Elle fut mère la première fois à 15 ans et enfanta plus d’une quinzaine de fois. Bien sûr, elle fut sacrée, cas exceptionnel, deux fois reine de France. Avec elle, la Cour de France quitta le Moyen-Age pour la Renaissance. Mais Anne de Bretagne ne fut pas que cela.

Il existe des dizaines de biographies d’Anne de Bretagne. Grâce à la révolution de l’Internet, l’accès à l’information est rapide, vaste et efficace. Il a été possible de vérifier, de corriger, de trouver afin de mieux comprendre qui fut Anne de Bretagne, qui furent les gens qui l’entourèrent, comment se déroulèrent les évènements qui agirent tant sur sa vie. Bien sûr, dès sa naissance, princesse de Bretagne, elle fut un instrument politique : l’épouser signifiait pour l’heureux élu acquérir la riche Bretagne. Les plus puissants de l’époque s’entredéchirèrent autour d’elle. On peut se demander si durant les vingt premières années de sa vie, elle fut maîtresse de son propre destin. A partir de la mort de Charles VIII, même si les obstacles furent très nombreux, elle devint une véritable souveraine ayant un double but : conserver intacte la souveraineté de la Bretagne et faire de ses deux seuls enfants survivants, Claude et Renée, nées difficilement de son union avec Louis XII, les princesses de l’Europe.

Auteur : Frédéric morvan

Éditeur : SA ÉDITIONS JEAN-PAUL GISSEROT Collection / Série : GISSEROT HISTOIRE

192 pages ; 19 x 12,5 cm ; broché          Prix de vente au public (TTC) : 8 €

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Vol du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne : jusqu’à quatre ans de prison ferme pour les voleurs

Franceinfo, 28 mai 2019

Ce joyau d’orfèvrerie, daté du 16e siècle, a été volé en avril 2018 puis récupéré par la police une semaine plus tard.

Le tribunal correctionnel de Nantes a prononcé, lundi 27 mai, des peines allant jusqu’à quatre ans de prison ferme à l’encontre de quatre hommes impliqués dans le vol du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne. Cet objet funéraire d’orfèvrerie du 16e siècle, a été dérobé dans le musée Dobrée à Nantes (Loire-Atlantique) en avril 2018 puis retrouvé une semaine plus tard.

Les quatre prévenus ont tous été condamnés à de la prison ferme assortie à des amendes, en fonction de leur degré d’implication et de leurs casiers judiciaires.  Deux ont écopé de quatre et trois ans pour « vol d’un bien culturel » et « association de malfaiteurs », le troisième à 30 mois pour « vol aggravé », et le dernier à 18 mois pour « recel de vol aggravé ».

« L’Arsène Lupin de Saint-Nazaire »

Ces peines sont inférieures aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé de trois à cinq ans de prison pour les prévenus, réfutant l’amateurisme supposé de cette équipe, dans laquelle seul l’instigateur a reconnu les faits. Lors de l’audience, le cerveau de l’affaire avait pourtant tenté de plaider la totale improvisation de son larcin réalisé avec des comparses qu’il refuse de dénoncer. « Il y avait rien de préparé », « ça s’est fait à la dernière minute », a répété le jeune homme de 23 ans, barbe soignée et cheveux blonds retenus par un chignon.

Cet étudiant en BTS chimie affirme avoir découvert ce joyau d’orfèvrerie en visitant le musée quelques mois plus tôt pour un devoir d’histoire-géographie. « Qu’on soit amateur ou grand bandit, je pense que n’importe qui serait attiré par un objet comme ça », a-t-il affirmé.  C’est « l’Arsène Lupin de Saint-Nazaire, il s’y est cru… Mais ça n’a pas duré longtemps », avait plaidé Denis Lambert, avocat du principal suspect, qui rappelle que les faits se sont déroulés sans arme ni violence.

« Un magot à prendre »

Une version contredite par les déclarations d’un autre prévenu, qui ont été lues à l’audience. « Il a dit qu’il y avait un magot à prendre et qu’il fallait bien travailler le coup », avait avoué ce dernier. Selon l’enquête, l’instigateur a bien préparé le vol, en payant la somme de 1 000 euros à un autre prévenu chargé de faire un repérage vidéo à l’intérieur du musée. Il aurait aussi acheté avec un prête-nom la voiture utilisée le soir des faits et a effectué des recherches sur les plans du musée. La valeur du reliquaire d’Anne de Bretagne est estimée à plus de dix millions d’euros.

Présumés voleurs du Reliquaire du cœur de Anne de Bretagne : jusque 5 ans requis

ABP, 27 mai 2019

par Didier Lefebvre

Dans une ambiance parfois tendue s’est déroulé le procès des présumés voleurs du Reliquaire du cœur de la duchesse.

La procureure a requis entre 3 ans et 6 mois et 5 ans de prison ferme, et jusque 10.000 euros d’amende.

Drôle de procès, où l’on sentait un j’m’en foutisme, voire une arrogance chez les prévenus, une présidente qui gardait son calme, mais ne dissimulait pas son agacement.

Un des prévenus reconnaît les faits, mais donne comme complices trois mystérieux gitans, cherchant à disculper ses trois amis embarqués avec lui dans cette galère. Bizarre, comme défense.

La procureure, en décortiquant les faits, montre bien que ses trois complices, ils sont là. Dans le box des accusés. Trop de preuves, trop de coïncidences.

L’acte était-il prémédité de longue date ? Ou est-ce sur un coup de tête et une série d’improvisations dignes des Pieds Nickelés ? La décision du Tribunal a été mise en délibéré.

Le Reliquaire a été retrouvé près de la plage de Saint-Marc (Saint-Nazaire), seule la couronne a été un peu abîmée et a été restaurée. Ce sont les caméras de surveillance qui ont fait remonter les enquêteurs jusque Yann, après un rocambolesque achat de la voiture qui servit au méfait, avant d’être brûlée près de Pontchâteau.

L’Histoire de Anne de Bretagne enseignée en BTS chimie ?

C’est l’histoire de jeunes du quartier de la Chesnaie à Saint-Nazaire, plus souvent en prison ou à fumer du cannabis la nuit tombée. L’un deux, Yann a l’idée – mais quand ? – de voler des pièces du musée Dobrée, suite à une visite afin de « préparer un devoir d’histoire-géo sur Anne de Bretagne » (il est en BTS chimie !). Plusieurs mois plus tard, il paye 1000 euros un de ses acolytes pour faire des reconnaissances dans ce musée afin de préparer un nouveau devoir cette fois sur les objets du temps de la duchesse. C’est touchant de voir comme les jeunes prennent à cœur leurs études, et aussi de savoir que l’Histoire de Bretagne est enseignée même dans des enseignements de chimie.

La suite, les enchaînements sont si burlesques qu’ils feraient sourire, si ce n’était la mise en danger du Reliquaire, d’une Cadière, et d’autres pièces.

Un avocat de la défense souligne alors la légèreté du système de sécurité de Dobrée, et la présidente s’est également étonnée du comportement de la société de protection Véritas.

L’avocat du CD 44 réécrit l’Histoire de la Bretagne

Dans sa plaidoirie où il demande environ 100,000 euros de dommages pour son client le CD44, cet avocat a osé réécrire l’Histoire. Je cite «  Le but du Conseil départemental 44 est la valorisation de notre patrimoine ligérien ». Oups, on s’étrangle, mais ce n’est rien par rapport à la phrase suivante : « Ce patrimoine, [parlant du Reliquaire et de la Cadière, ndla] qui appartient à notre Histoire ligérienne ». Bon, on sort deux minutes, besoin de reposer nos oreilles.

La procureure a, elle, rappelé que la duchesse avait choisi d’offrir son cœur à Nantes, afin qu’il reposât près de ses parents, alors que le reste de son corps était destiné à aller en la cathédrale-basilique de Saint-Denis, comme la majorité des reines et rois de France.

Elle demande 5 ans, plus une amende de 10.000 euros à Yann, les peines de ses présumés complices s’échelonnant de 3 ans et 6 mois à 5 ans. Elle rappelle que, selon la loi, elle pouvait requérir jusque 10 année, et… 5 millions d’euros (50 % de la valeur de l’objet dérobé). Elle demande aussi la confiscation des scellés, à savoir entre autres le stock d’armes trouvés chez le principal prévenu.

Nous tiendrons informés les lecteurs d’ABP du délibéré, à une date que nous ne connaissons pas à cette heure.

Peu de militants bretons dans la salle

Une vingtaine de spectateurs dans la salle, et seulement deux militants bretons étaient présents. Ces derniers sont des membres du comité_Anne de Bretagne. Nous aurions pu penser qu’après l’émoi suscité voici un peu plus d’un an, nombre de militants bretons se seraient intéressés à ce procès. Il n’en est rien, on ne peut que le regretter.

 

Reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne. Procès ce lundi des voleurs présumés

Le Télégramme, 25 mai 2019

Les quatre voleurs présumés du reliquaire d’Anne de Bretagne sont jugés ce lundi au tribunal correctionnel de Nantes. Le bien culturel avait été retrouvé quelques jours après le larcin en très bon état.

Un écrin en or, gravé et surmonté d’une couronne : le reliquaire d’Anne de Bretagne, reine de France, avait été dérobé dans un musée en avril 2018 puis rapidement retrouvé. Quatre voleurs présumés comparaissent lundi devant le tribunal correctionnel de Nantes, des jeunes dépassés par la valeur symbolique du cardiotaphe.

« On a une affaire de vol mais qui n’est pas plus grave et pas plus ébouriffante que d’autres dossiers », relativise Morgan Loret, avocat de l’un des quatre prévenus accusés de « vol d’un bien culturel » et « participation à une association de malfaiteurs ».

Originaires de Saint-Nazaire, ces amis de quartier âgés de 21, 23, 25 et 26 ans ont déjà été condamnés par le passé, dont deux frères pour des faits similaires. Placés en détention provisoire, ils comparaîtront lundi à partir de 09H00 pour expliquer les raisons qui les ont poussés, dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, à entrer par effraction au musée Dobrée à Nantes pour y dérober des pièces exposées.

Outre le reliquaire, pièce d’orfèvrerie datant de 1514, une statuette hindoue dorée et une cinquantaine de pièces d’or composaient leur butin clinquant dont ils ne semblaient pas percevoir la valeur historique inestimable.

« Bien plus qu’un symbole, l’écrin du cœur d’Anne de Bretagne appartient à notre histoire. (…) Sauvé de la fonte après la Révolution, il est conservé au musée de Dobrée depuis 1886 », avait rappelé le conseil départemental de Loire-Atlantique à l’époque des faits.

« Le procès de quatre loulous »

Lorsque le vol est constaté – seulement le lendemain matin – les hypothèses se bousculent : Commande d’un collectionneur véreux ? Piste du receleur ? Appât du gain avec l’idée de faire fondre le métal ?

La réalité semble bien moins romanesque puisqu’après leur larcin, les suspects paradent devant leur bande d’amis à Saint-Nazaire. Leur trace est rapidement remontée par les enquêteurs, qui finissent par mettre la main sur le trésor, le 28 avril, enfoui mais intact.

« Il faut que le dossier soit dépassionné, notamment parce qu’aujourd’hui il n’y a pas de préjudice : l’objet du vol a été retrouvé, pas abîmé, on peut sans doute quelque part rendre grâce aux prévenus qui, dans leur forfait et dans leur bêtise, ont quand même eu la présence d’esprit de ne pas saccager les biens qu’ils avaient volés », plaide Me Loret.

Les juges devront pourtant s’attacher à préciser la responsabilité et le rôle de chacun la nuit des faits, que certains contestent, et le repérage effectué les semaines précédentes, capturé par la vidéosurveillance.

Les images montrent « qu’ils savent où ils vont de manière précise, ils sont allés vite, se sont répartis les rôles : c’était préparé, c’est certain », confie une source proche du dossier, avant de nuancer : « Ça a touché les gens parce que c’était symbolique mais ça reste le procès de quatre loulous rentrés par effraction dans un musée. »

Depuis sa restitution, l’écrin de la reine est conservé à l’abri des regards, dans un endroit tenu secret.

Léonard de Vinci. L’ombre du génie dans la cathédrale de Nantes

Une sculpture du tombeau des ducs de Bretagne, dans la cathédrale de Nantes, pourrait représenter le génie de la Renaissance.

Une sculpture du tombeau des ducs de Bretagne, dans la cathédrale de Nantes, pourrait représenter le génie de la Renaissance.

Le Télégramme, 1er mai 2019

Il y a 500 ans, le 2 mai 1519, Léonard de Vinci rendait son dernier souffle. Le génie de la Renaissance n’a jamais mis les pieds en Bretagne. Son ombre plane pourtant sur la cathédrale de Nantes. Surtout lorsqu’on s’approche d’une sculpture énigmatique…

Une statue de Léonard de Vinci dans la cathédrale de Nantes ? L’hypothèse a été émise par l’historienne Sophie de Gourcy, dans un livre publié en 2015. Intitulé « Le tombeau des ducs de Bretagne », l’ouvrage analyse en détail le monument funéraire commandé par Anne de Bretagne pour honorer la mémoire de ses parents, François II et Marguerite de Foix.

Selon Sophie de Gourcy, il n’est pas impossible que le peintre Jean Perréal, l’un des concepteurs du tombeau, ait pris pour modèle le génie de la Renaissance pour représenter un vieillard… que l’on ne voit pas forcément au premier coup-d’œil. Son visage apparaît en effet à l’arrière d’une sculpture à double face, qui est une allégorie de la prudence.
Pour étayer son hypothèse, l’historienne souligne que Perréal a rencontré Vinci. Elle note aussi que la statue présente des points communs troublants avec l’artiste italien, notamment le mouvement caractéristique de la bouche, ou encore la forme du nez.


« Faisceau de coïncidences »


À l’époque, ce qui n’est qu’un détail dans le livre, attire immédiatement l’attention des médias. Le quotidien nantais Presse Océan titre en Une : « La face cachée de Vinci ». « Je ne pensais pas qu’on en tirerait autant d’intérêt », sourit Sophie de Gourcy. « C’était une simple hypothèse de travail, un faisceau de coïncidences que je faisais remarquer ».

Des voix plus critiques se font aussi entendre. Tout en reconnaissant que le livre est remarquable, certains pointent un problème, que l’historienne n’esquive pas. « Le vieillard de Nantes ressemble à un portrait de Léonard de Vinci de 1512, alors que le tombeau a été commandé en 1499. Il y a en quelque sorte un problème de dates ! », reconnaît-elle.

Ce portrait est tout à fait énigmatique

« Le portrait n’est pas forcément Léonard. Jean Perréal a voulu représenter un homme qui évoque la sagesse, la mémoire. C’est une figure idéalisée de l’artiste au sens large », poursuit Sophie de Gourcy. Qui observe, en passant, que « déjà à l’époque, Léonard de Vinci est connu internationalement et qu’il est précisément… cette figure idéalisée de l’artiste ».

« Ce portrait est tout à fait énigmatique, il correspond bien à la pensée de l’époque. Dans les années 1500, on est encore dans l’esprit du Moyen-Âge. Une image a plusieurs niveaux de sens, elle doit déclencher une multitude de raisonnements. On utilise les symboles, les allégories. C’est pour cela que je peux me permettre d’émettre cette hypothèse », explique l’historienne.


« Une leçon de bon gouvernement »


C’est pour cela également « qu’isoler une image ne permet pas de rendre compte de la richesse du message qu’Anne de Bretagne voulait envoyer », souligne Sophie de Gourcy. Le tombeau est en effet « une véritable leçon de bon gouvernement ». Force, tempérance, justice, prudence : les statues d’angle représentent le chemin vertueux que doivent suivre les princes. « Anne de Bretagne a des solutions, qu’elle puise dans l’Antiquité, dans la littérature », explique l’historienne, avant de conclure : « Je présente souvent ce tombeau et les visiteurs sont enthousiasmés par la richesse du message. C’est une lecture qui est encore d’actualité ». Avec ou sans Léonard de Vinci

Anne de Bretagne: une médaille en vente à Paris

Photo Musée Dobrée.

Mardi 2 avril prochain, la maison Rossini de Paris met en vente une médaille représentant Anne de Bretagne et Louis XII de France.

C’est une médaille en bronze de 113 mm réalisée par Nicolas Leclerc,Jean de Saint Priest et Jean Lepère en 1500.

On y voit le buste à droite de Louis XII,coiffé d’un mortier orné d’une couronne de fleurs de lis.Il porte le collier de l’ordre de Saint Michel. A l’exergue,un lion tourné à gauche (armes de la ville de Lyon.) et le buste à gauche d’Anne de Bretagne, coiffé d’un voile sur lequel est posée la couronne royale. Le champ est parti de fleurs de lis et d’hermine. A l’exergue, un lion comme au droit.

Cette médaille a été offerte par la ville de Lyon à Louis XII et Anne de Bretagne lors de leur visite.

La médaille est référencée dans Trésor de numismatique, pl.V n°1. Mazerolle n°27.

Estimation: entre 3 et 5000 € .

L’historique de cette médaille est donnée par le site Grande Patrimoine de Loire-Atlantique :

Description analytique

L’original de cette médaille fut modelé et coulé à Lyon en l’honneur du voyage de Louis XII et d’Anne de Bretagne dans cette ville. Les consuls de Lyon avaient chargé Nicolas Leclerc et Jean de Saint-Priest,  » maîtres tailleurs d’images « , d’en faire les modèles d’après les dessins de Jean Perréal, et les joailliers Jean et Colin Lepère, aidés par un fondeur, de l’exécuter. La médaille fut coulée en or et offerte à la reine, dans une coupe à ses armes en verre émaillé de Venise, le 15 mars 1500 (1499 ancien style, selon le calendrier julien).

L’original en or a aujourd’hui disparu mais cette médaille, la seconde coulée en France à l’imitation des médailles de la Renaissance italienne, fut largement diffusée par de nombreux retirages successifs, contemporains ou ultérieurs, en argent ou en bronze (on considère que les fontes successives se repèrent aux diamètres décroissant des exemplaires). Certaines épreuves furent mêmes utilisées dans le décor de meubles.

L’intention première du graveur de cette médaille était de montrer Anne tournée vers l’avenir symbolisé par les lys français et tournant le dos à son passé breton. Cependant, il est possible de détourner ce message. Pour les indépendantistes bretons, Anne se dresse comme un rempart en faisant front à la France pour défendre la Bretagne.

Texte descriptif

Nantes Bronze argenté ;133,7 mm ; 451,17 g. Musée départemental Dobrée inv.896.1.1051

Légende D/ + FELICE LVDOVICO REGNATE DVODECIMO CESARE ALTERO GAVDET OMNIS NACIO (sous l’heureux règne de Louis XII, second César, le peuple tout entier se réjouit), buste à droite de Louis XII, coiffé d’un mortier orné d’une couronne de fleurs de lis. Le roi porte le collier de l’ordre de Saint-Michel. Le champ est semé de douze lis. A l’exergue, un lion passant à gauche, symbolise la ville de Lyon. R/ + LVDVN RE PVBLICA GAVDETE BIS ANNA REGNANTE BENIGNE SIC FVI CONFL ATA 1499 (je fus ainsi fondue en 1499 pendant que la commune de Lyon se réjouissait du second règne de la bonne reine Anne), buste à gauche d’Anne de Bretagne coiffée d’un voile court à la bordure ornée, surmonté de la couronne royale. Le champ est semé de cinq lis à gauche et de huit hermines à droite. A l’exergue, un lion passant à gauche.

Anne de Bretagne au Victoria and Albert Museum de Londres

Le Victoria and Albert Museum à Londres est à la fois un musée présentant des collections étonnantes traversant les âges et les continents et un temple du design passé, actuel et à venir.

Au détour de la galerie consacrée à l’Europe des XIVè, XVè et XVIè siècle, on découvre un objet très particulier: un autel portatif datant probablement de 1499 fait d’émaux et d’argent. Ce triptyque présente sur la gauche le roi français Louis XII à genoux devant St Louis et à droite, Anne de Bretagne à genoux devant Ste Anne.

D’après le musée, ce petit autel aurait pu être réalisé à l’occasion du mariage de Louis XII et d’Anne de Bretagne en 1499.

Voici ce qu’en dit le Victoria and Albert Museum:

History

The collection of Limoges painted enamels in the Victoria and Albert Museum includes several fine pieces of the early 16th century, but none is quite as magnificent as the triptych executed by an unknown enameller who is called the Master of the Louis XII Triptych after the enamel work discussed here. This was bought from the collection of H. Danby Seymour, M.P., who owned it certainly in 1853 and probably earlier. Its previous history is not known.

Danby Seymour seems to have had a special liking for enamel portraits of French royalty for at the Special Exhibition of 1862 held in this Museum he exhibited six important enamel portraits by Leonard Limosin, the court enameller to Francis I, as well as the Louis XII Triptych.

The Triptych

The Triptych is made up of nine plaques with three principal ones. At the centre is the Annunciation; on the left-hand leaf Louis XII kneels at a prie-dieu, with his patron saint, Saint Louis, standing behind and holding the staff of Justice. On the right-hand leaf is a plaque of Anne of Brittany also shown kneeling, with her patron saint, Saint Anne, standing behind.

These main plaques are bordered with six smaller ones painted at the top with angel musicians, and with worshipping angels on the lower sections. They are held by brass mounts to a wood frame dating from about 1840, and probably made in France.

Technique

The technique of champleve enamelling was superseded by painting the enamels, which came into fashion, it is thought, in the 1460s, although the method as used in France may be older; but it is impossible to be definite since nothing remains from the immense devastation of the Hundred Years War.

The first step in the new method was the shaping and roughening of the copper plaques. These were then coated on both sides with enamel waste-generally black on the picture side and blue on the reverse; thus a ground was provided on which the design could be sketched prior to filling in with colour, and enamel was present on the reverse to prevent the plaque distorting when fired. The black ground can be observed on the Triptych in the Annunciation scene and on the portrait plaques. Elsewhere it was revealed when the enameller scratched through the still plastic colour to sharpen the contours of figures and the inner parts of such details as the hands. After the application of the remaining colours for figures and surrounds, the white enamel -grisaille to use the French term-was employed and tinted as necessary for faces and hands.

The final process was gilding and the attachment of blobs of enamel on metal foil, called paillons; they are jewel-like on the surface and increase the illusion of space and depth. The craftsmanship reflects the high standards achieved at Limoges after only about thirty years.

Artist

Triptych, Master of Louis XII, early 16th century. Museum no. 7233-1860

Triptych, Master of Louis XII, early 16th century. Museum no. 7233-1860

The Master of the Triptych seems to have been active from about 1490 to around 1515 and so far about thirty pieces have been attributed to him. Two (fig. 2) in the Museum bear on their reverse the impressed stamp of the Penicaud workshop of enamellers, which implies that our enameller was either a member of that famous family or that he may have bought copper blanks from the Penicaud. This could be likely since he may have been an illuminator without an enamelling workshop of his own.

Subject

Portraying a French monarch and his queen on a triptych is unique at this date, and leads to the related questions of the role of the court as art patron and the iconography of the Triptych. There had been a long established tradition of royal patronage before Louis XII came to the throne; Louis XI, for example, employed the great artist Jean Fouquet (about 1420 to about 1481) as his court painter.

Fouquet visited Italy and was largely responsible for introducing the Italian Renaissance style of architecture and ornament to France. His resplendent and influential Hours of Etienne Chevalier, painted in about 1455, draws heavily on the impressions gained from his travels. Two court artists working for Louis XII who followed Fouquet’s innovations were Jean Bourdichon (1457-1521), and Jean Colombe (active about 1470, died 1529), Bourdichon is famous for his Hours of Anne of Brittany for which he was paid in 1518.

Style

On the whole French artists tried to resist this trend towards the Renaissance and clung to the late Gothic style; however, in the face of what was virtually royal opposition they increasingly turned to the new iconography for these important illuminations. Enamellers were particularly affected for their subjects were not original but taken from existing material and there was little else available, print-making in France being minimal at the time.

Source

Before the Master of the Triptych began work he looked for a suitable Annunciation to copy. Although there must have been several at hand in books of hours he chose probably a print, now lost, by a French artist based on an engraving (fig. 3) by the German Israhel van Meckenem, whose work attracted him before. It is not known from where he derived the portraits of Louis and his Queen, but it is possible that they may originally have been drawn by the Renaissance inspired and anonymous illuminator who made the book of hours called the Hours of Henri IV (fig. 4) now in the Bibliotheque Nationale, Paris. The Master of the Triptych was so well-acquainted with this style that Professor Verdier has indicated that the artists may have been one and the same; however, the styles though similar do differ. The Triptych is a mixture of Gothic and Renaissance, blending well partly because the colours are limited and subdued.

Date

Louis XII and Anne of Brittany, 1499. Museum no. 2381-1855

Louis XII and Anne of Brittany, 1499. Museum no. 2381-1855

Why was the Triptych made? There is no conclusive answer but certain events in the life of Louis XII provide suggestions. Louis, who reigned from 1498 to 1515, married Anne of Brittany in 1499; she was born in 1476 and was the widow of Charles VIII.

The Triptych could commemorate the royal marriage, or perhaps the birth of their first child, Claude, who was to become the first queen of Francis I. Current opinion favours the former, but if neither event is celebrated it is unlikely the piece was made after 1514 for in that year Anne died.

The identity of the sitters has been confirmed by the medals (fig. 5) struck in 1499, and the representations of Saint Louis (Louis XI of France) wearing the crown and holding the staff, and Saint Anne. The reason why Louis and Anne should appear on a Limoges enamel triptych may never be known to us, but their presence emphasises the success of the relatively new trade of enamelling at Limoges. This craft was to gain further honour in the reign of Louis’ successor Francis I when he appointed the first enameller a court artist.

Written by Roger Pinkham, 1978, and published in the V&A Masterpieces series. Revised 2007.