Sur les traces rennaises d’Anne de Bretagne

Rennes Métropole, 13 janvier 2014

L’OFFICE DE TOURISME PROPOSAIT SAMEDI UNE DÉCOUVERTE DES LIEUX QUI ÉVOQUENT L’ILLUSTRE DUCHESSE, QUI NE VÉCUT QUE DEUX ANNÉES À RENNES.

Détail d'un tableau représentant Anne de Bretagne entre trois saintes
Grandes Heures d’Anne de Bretagne / Anne de Bretagne entre trois saintes (détail – BNF – Latin 9474 – Jean Bourdichon)

Anne de Bretagne est née en 1477 à Nantes et morte le 9 janvier 1514 à Blois, il y a tout juste 500 ans. Elle n’aura, dans sa courte vie, passé que deux années à Rennes et il reste très peu de traces de son passage. La visite de l’office de tourisme a surtout permis de suivre les moments forts de sa vie rennaise, et d’imaginer la ville à cette époque. Quels monuments a-t-elle connu ? Quelles rues a-t-elle traversé ?

La chapelle Saint-Yves, devenue office de tourisme
La chapelle Saint-Yves, devenue office de tourisme

La chapelle Saint-Yves, actuel office de tourisme, date de la fin du XVe siècle. C’était alors la chapelle de l’Hôpital Saint-Yves, située sur la rive gauche du fleuve, dans la première enceinte de la ville. Cette partie dite « haute » de Rennes était fréquentée par les cercles du pouvoir, l’autre rive étant occupée par le petit peuple (tanneurs, bouchers, etc.) Anne de Bretagne a donc bien connu cette chapelle, restaurée en 1997.

 

Inscription sur le mur de la banque rue Saint-Yves
Inscription sur le mur de la banque rue Saint-Yves

Un peu plus haut dans la rue, à l’emplacement de la banque, se trouvait l’hôtel de la « Garde-Robe ducale », lieu de résidence des ducs de Bretagne, où vécut Anne de 1489 à 1491. C’est ici qu’est célébré le 19 décembre 1490 son premier mariage -par procuration- avec Maximilien d’Autriche, ennemi du royaume de France. Le siège de Rennes par les troupes royales et la dernière guerre franco-bretonne ont eu raison de cette alliance. Aujourd’hui, il ne reste malheureusement aucune trace de cette fameuse Garde-Robe.

Les portes mordelaises, restes des remparts du moyen-âge
Les portes mordelaises, restes des remparts du moyen-âge

S’il y bien un monument qu’Anne de Bretagne a connu, ce sont les portes mordelaises (du nom de la ville de Mordelles, sur la route de Redon où mène la route qui part de cette imposante porte). Un lieu hautement symbolique de la présence ducale : c’est ici qu’Anne fait son entrée officielle dans Rennes après avoir fui Nantes, en 1489, devenue trop dangereuse pour elle. Elle passe sa première nuit rennaise hors des remparts, dans l’abbaye de Saint-Melaine, qui existe toujours dans le parc du Thabor.

L'intérieur de la cathédrale, qui n'a plus rien à voir avec celle qu'a connue la duchesse Anne
L’intérieur de la cathédrale, qui n’a plus rien à voir avec celle qu’a connue la duchesse Anne

Anne est couronnée duchesse de Bretagne, le 10 février 1489 dans la cathédrale de Rennes par l’évêque du diocèse. La cathédrale était très différente d’aujourd’hui, puisque sa façade a été entièrement transformée au XVIIe siècle et son cœur gothique reconstruit au XIXe. Le parvis était le véritable centre urbain de Rennes et la place regroupait tous les pouvoirs, religieux et civil. A l’intérieur de la cathédrale, des peintures évoquent le « Tro Breizh », pèlerinage traditionnel breton, qu’Anne réalise (partiellement) en 1505 pour marquer son engagement envers la Bretagne.

Aux Lices, des tournois de chevaliers

La place des Lices existait au temps d’Anne de Bretagne, mais il faut faire un gros effort d’imagination pour se la représenter. Elle était beaucoup plus basse (l’ensemble est surélevé au XVIIe siècle quand sont construit les immeubles à pan de bois, au nord de la place). Les Lices se situaient hors de l’enceinte : c’était un champ où l’on organisait des foires et des réjouissances, entre deux faubourgs (Bourg l’Évêque et Saint-Michel).

Anne de Bretagne a, pendant le siège de Rennes, mis en place un tournoi entre un chevalier breton et un chevalier français. C’est ce dernier qui semble en être sorti vainqueur, préfigurant l’issue du siège de Rennes par l’armée royale…

Ce tableau est-il le "tableau miraculeux" ?
Ce tableau est-il le « tableau miraculeux » ?

Les fiançailles avec le roi de France Charles VIII ont lieu dans la petite chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle, au couvent des Jacobins, en 1491. Ainsi est scellée l’union de la France et de la Bretagne…

L’église Saint-Aubin, sur la place Sainte-Anne, n’existait pas à cette époque (elle date de la fin du XIXe siècle) mais à l’intérieur est conservé le « Tableau miraculeux ». On pense que ce tableau en bois du XIVe siècle, offert par un aïeul d’Anne de Bretagne, est celui qui trône actuellement au milieu de l’église Saint-Aubin. Il aurait été recouvert au début du XXe siècle par cette peinture. Légende?

La sculpture représentant Anne de Bretagne sur la façade de la mairie a été détruite...
La sculpture sur la façade de la mairie a été détruite…

Un mot sur ce vide, cette étrange absence au milieu de la façade de l’Hôtel de Ville. Pour commémorer les 400 ans de l’alliance franco-bretonne, le sculpteur rennais Jean Boucher réalise en 1911 une œuvre qui doit prendre place dans cette niche de la mairie. Il l’intitule L’Union de la Bretagne à La France. La sculpture représente Anne de Bretagne agenouillée devant le roi de France Charles VIII, son mari. Sa position est dominée, écrasée par l’aura royale ; le traité d’alliance stipulait pourtant une égalité entre les deux États. L’œuvre, controversée, est détruite le 7 août 1932 par le groupe armé du Gwenn ha Du. Aucun projet n’est venu la remplacer depuis…

CR

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